Zoom sur ces diplomates américains ‘limogés’ qui ont critiqué en public Paul Biya

1Peter Henry Barlerin marche sur les traces de quelques-uns de ses prédécesseurs. Ce n’est pas la première fois qu’un ambassadeur américain fait preuve d’ingérence dans les affaires internes du Cameroun, en prenant ouvertement position. Peter Henry Barlerin, le nouveau chef de la mission diplomatique des États-Unis s’est exprimé à travers un communiqué au lendemain de son audience avec Paul Biya à Yaoundé.

Une occasion pour le diplomate de passer en revue la coopération plurielle entre le Cameroun et son pays. En plus de la coopération sanitaire, les deux hommes se sont entretenus sur l’organisation de la présidentielle d’octobre prochain.

« J’ai suggéré au président qu’il devrait penser à son héritage et comment il veut être présenté dans les livres d’histoire destinés aux générations à venir », a déclaré le diplomate. Cette sortie de l’ambassadeur américain ne va pas laisser indifférent le ministre camerounais de la communication qui s’est exprimé à Radio France Internationale. « C’est un homme d’honneur. Soucieux, naturellement, de la lecture qu’on fera de lui, une fois qu’il aura organisé sa succession le moment venu. Moi, je suis persuadé qu’il entrera dans l’histoire par la grande porte, parce qu’il est conscient de sa responsabilité. Il ne s’écoule pas une seconde sans qu’il ne pense à l’avenir de notre nation », a précisé Issa Tchiroma Bakary.

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Ce n’est pas la première fois que les diplomates américains s’insurgent contre la gouvernance de président Paul Biya. En effet, l’on se souvient encore de Frances D. Cook qui est l’une des ambassadrices des États-Unis qui a le plus fait parler d’elle. À son arrivée au Cameroun en 1989, alors que le vent des libertés souffle sur le Cameroun, la diplomate sera accusée d’avoir joué un rôle primordial dans l’accompagnement de la campagne de désobéissance civile de la part de l’opposition.

Cette désobéissance civile avait malgré tout amené Frances D. Cook à condamner les mesures sécuritaires prises par Paul Biya, pour contrer les villes mortes. De même en 1992, D. Cook avait également reconnu la victoire du candidat du Social Democratic Front (SDF) John Fru Ndi, avant même que les autorités compétentes en la matière aient publié les résultats.

À cet effet, la diplomatie américaine n’hésitera pas par la suite de critiquer farouchement le système électoral à l’annonce de la victoire de Paul Biya, évoquant alors des fraudes massives lors du déroulement du scrutin avant de quitter le Cameroun en janvier 1993. D’autres ambassadeurs américains à l’instar de Frances D. Cook, Niels Marquardt ont plusieurs fois dénoncé en public les méthodes de lutte contre la corruption.

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De son côté, Janet E. Garvey ambassadrice américaine au Cameroun (mai 2007-août 2010), s’est aussi faite remarquée par ses déclarations tumultueuses. Elle s’était également indignée après la désignation des membres d’Élections Cameroon (ELECAM) par le chef de l’État, boudant alors leur prestation de serment. Comme elle, Robert Peter Jackson (2010-2013) à quant à lui aussi été très proche de l’opposition camerounaise, allant jusqu’à critiquer les institutions en charge d’organiser les élections ainsi que la conduite de «l’Opération Epervier».

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